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Sylvette David (d'après Picasso)
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Sylvette David (d'après Picasso)
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Hélène
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Hélène
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Hélène
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Hélène
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Hélène
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Nicole
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L'eau
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Tass
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Tass
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Brigitte
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Sabine
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Sabine
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Maurice Matieu. "lJe réponds enfin à votre question, pourquoi le carton ? Ce n'est pas que je ne puisse me payer des supports, quoiqu'une réflexion sur le matériel pauvre soit toujours intéressante. Les cartons demandent une élaboration indus-trielle complexe, et ce pour n'être qu'un contenant: privés, vidés de sens. Seul le contenu a un sens. L'homme, parasite de la vie, parasite de la femme, n'a d'autres recours que de se définir perpétuellement, que de faire appel au symbolique.
Philippe Sergeant. - Pourquoi avoir coupé ? Il suffisait d'insérer des morceaux de carton, vous auriez pu tout simplement pein-dre ou dessiner sur cette matière.

M.- J'ai voulu, avec mes cartons, qu'on soit obligé d'avoir le nez dessus pour saisir. Qu'on ne quitte pas cette quotidienneté, qu'on ne quitte pas la présence de l'autre. Afin que ce soit significatif, j'ai coupé. Pour comprendre encore faut-il voir la coupure, il est donc indispensable de s'approcher. D'autant plus que cette incision dans le carton, cette blessure, est irréversible: je ne peux plus l'effacer, ni l'occulter ou la dissimuler, ni même modifier les lignes. Il n'est, dès lors, plus loisible de se séparer de la présence de l'autre, du caractère incontournable de l'homme. La coupure est le pendant de l'individu.
S. - Ainsi s'explique votre évolution vers le figuratif: être au plus près de l'individu?
M. - Non, pas exactement. Je n'avais d'autre recours que de passer à une ressemblance stricte pour que la coupure ait un sens, pour qu'elle soit considérée en tant que telle. Imaginez du carton, coupé, de la couleur; plus rien ne serait clair, approcher n'aurait pas de sens, je risquais de glisser vers l'esthétisme ou le maniérisme.
Le second volet de ce long travail apparaît donc avec ces femmes. On ignore ce qu'elles regardent. L'interrogation-qu'est-ce qu'un homme, comment intervient-il?- est permanente, rien n'est résolu. Le fait d'appuyer sur un bouton et d'obtenir la lumière ne représente pas une modification radicale de la condition humaine.
La femme est caractérisée par l'inutilité, profondément ressentie, de se définir -une mémoire puissante, permanente, détentrice de la vie- elle n'a donc pas besoin de ces représentations, des jeux symboliques, masculins, du pouvoir, et représente en ceci un espoir. Le questionnement n'est pas verrouillé.
Mutisme mutin puisqu'elles ne cherchent pas à définir, elles regardent, silencieuses, figures de la tension ou de la rétention de la parole.

(Entretient entre Philippe Sergeant et Maurice Matieu in La ronde le peintre intérrogé Armelle Auris, Hazrmatan éditeur 1991)